Le 30 juin 2025, Huawei a fait sensation en dévoilant le code source de Pangu Pro MoE, son modèle d’intelligence artificielle de pointe. Quelques jours seulement ont suffi pour que la polémique s’embrase. Un rapport publié sur GitHub par @HonestAGI accuse Huawei de plagiat, affirmant que ce modèle est la réplique d’un autre modèle de l’IA déjà connu, le Qwen-2.5 14B d’Alibaba. Des accusations qui rappellent d’autres controverses, comme celle de la haute technologie de l’IA chez Alibaba.
Accusations de plagiat fracassantes
Selon leurs découvertes, la similitude entre Pangu Pro MoE et Qwen-2.5 14B est "extraordinairement élevée", laissant peu de place au hasard. Les experts accusateurs ont utilisé des techniques dites "d’empreintes intrinsèques" afin de détecter ces dérives en analysant les projections QKV et les poids de LayerNorm. Ce qui a fait l’effet d’une bombe dans la communauté, c’est la présence d’un fichier de licence Qwen dans le dépôt officiel de Pangu, remettant en question l’intégrité du géant chinois. Pour @HonestAGI, ces éléments ne sont pas de simples coïncidences, mais un "plagiat probable" ou une utilisation non déclarée du fruit du travail d’Alibaba.
Huawei contre-attaque avec aplomb
Face à cette salve d’accusations, le Noah’s Ark Lab, la section R&D de Huawei, n’a pas tardé à riposter. Leurs experts soulignent que Pangu Pro MoE a été développé indépendamment avec des innovations originales, tout en admettant une utilisation réfléchie des composants open source, pratique courante et encouragée dans le secteur. Ces arguments s’inscrivent dans un contexte où de nombreuses entreprises cherchent à tirer parti des avancées en matière d’IA et à innover tout en respectant l’open source, comme le discute un récent article sur les défis de l’IA générative.
Ils qualifient la méthodologie de détection de plagiat comme étant "extrêmement peu scientifique", incapable de différencier des modèles indépendants mais utilisant des bases similaires. Huawei rappelle les fondamentaux communs aux modèles de langage, ce que certains interprètent comme une limite floue mais légitime de l’open source.
Dilemmes et enjeux pour l’avenir de l’IA
Cette affaire illustre la ligne mince et délicate entre les contributions légitimes à l’open source et la violation de propriété intellectuelle. Elle met en avant un secteur IA transformé en champ de bataille en Chine, où les grandes entreprises et startups s’affrontent férocement. Les répercussions sont palpables : la capitalisation boursière d’Alibaba a chuté, prouvant l’impact tangible de cette controverse sur le marché, tout comme d’autres turbulences observées récemment dans l’univers technologique, notamment celles liées à l’automatisation des emplois par l’IA.
En fin de compte, peut-on réellement protéger la propriété intellectuelle dans un domaine où la recherche est si largement partagée ? Cette affaire est un révélateur des nombreuses interrogations sur le véritable sens de l’innovation collaborative. Les frontières restent floues et le défi est grandissant. L’industrie de l’IA se dirige-t-elle vers un avenir où la conception de modèles se fera dans la transparence totale ou dans un secret farouchement gardé ? Le débat est ouvert.